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Résumé : Le projet qu’avait formé l’auteur du Tristan en prose était de surpasser celui du Lancelot en produisant la Somme romanesque définitive. Tristan et Yseut s’y écartent largement de leurs modèles, les Lancelot et Guenièvre du Lancelot en prose, malgré une feinte similitude, inversant souvent le rapport de modèle à émule. Les deux romans présentent pour point commun de comporter un hiatus éthique, puisque le sentiment amoureux y est présenté comme destructeur pour l’individu et la société, mais aussi comme principe créateur de l’œuvre. Cette contradiction fondamentale reflète celle qui est au cœur du langage, matériau de base des œuvres qui révèlent à la fois leur amour des mots et leur peur face aux dangers qu’ils recèlent.
Résumé : Vingt-neuf communications sont rassemblées dans ce volume des Actes du colloque international du Centre Universitaire d’Études et de Recherches Médiévales d’Aix (CUERMA / EA 2207) qui s’est tenu à l’Université de Provence (Aix-Marseille 1) les 9, 10 et 11 mars 2006, en vue de dégager la spécificité de cet acte d’écriture complexe qu’est la fabrique du personnage à l’époque médiévale. Le lecteur trouvera des études portant sur les divers domaines littéraires et sur les phénomènes d’intertextualité qui en brouillent les frontières, du XIIe au XVe siècle. La figure du ‘héros’, redéfinie par rapport à celle que semblerait fixer le mythe, se construit en contraste, voire en opposition, comme si elle prenait la forme des forces qu’exercent autour d’elle des personnages réels ou fictionnels. Façonner son personnage crée une tension entre souci de singularité – c’est bien le sien que façonne tel ou tel écrivain – et tradition. Son illusoire et éphémère existence est prise dans un réseau de références littéraires et artistiques diversement explicites. C’est par la lecture toujours que le personnage accède à son véritable statut, produit l’effet d’être façonné à la ressemblance de la créature humaine.
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Jean Subrenat, Gaydon, chanson de geste du XIIIe siècle, présenté, édité et annoté par Jean Subrenat, traduction en collaboration avec Andrée Subrenat, Louvain-Paris, Peeters, "Ktemata" n°19, 2007, 810 p.
Résumé : la Chanson de Roland se terminait sur les larmes de Charles contraint de repartir pour une nouvelle campagne. Mais l’empereur a aussi des soucis de politique intérieure; en effet, la condamnation et la mort de Ganelon, à la suite du duel judiciaire par lequel Thierry d’Anjou avait démontré sa culpabilité, ne pouvaient qu’entraîner une volonté de vengeance de la part de son lignage. Tel est le sujet dramatique de la chanson de Gaydon. Les parents du traître vont tout mettre en oeuvre pour d’abord détruire la relation privilégiée entre Thierry, héros éponyme de la chanson – Gaydon – (un geai s’étant posé sur son casque en signe d’élection), ensuite le faire condamner à mort sur une fausse accusation, enfin, pour faire bonne mesure, tuer également l’empereur. Cette chanson de geste, un peu oubliée depuis son édition en 1862 est à nouveau proposée dans la version du Ms f. fr. 860 de la BNF, particulièrement intéressant parce que, outre sa grande qualité codicologique, il la rattache directement à un “remaniement” de « la Chanson de Roland » au XIIIe siècle, enrichie par une influence de la « Chronique du Pseudo-Turpin ». L’édition est accompagnée d’une présentation, d’une traduction en français moderne, d’un dossier de variantes de l’autre manuscrit du XIIIe siècle, de nombreuses notes justificatives ou explicatives et d’index raisonnés.
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