UP I
 
Présentation synthétique de mon activité scientifique
Claude Touzet - Mise à jour 06/2006
Les Sciences Cognitives tentent de répondre à la question des relations entre cerveau et cognition, entre neurones et fonctions mentales. Dans leur trousse à outils, les Neurosciences (ou sciences du cerveau), la Psychologie et l'Informatique.
Je travaille depuis une vingtaine d'années avec les réseaux de neurones artificiels, à l'interface entre Neurosciences et Informatique, en développant notamment l'autonomie des robots. Il y a cinq ans, je me suis re-orienté en intégrant un laboratoire de Neurosciences où j'ai pu acquérir un certain nombre de compétences en Neuropsychologie.
Mon objectif actuel est de proposer un modèle, éventuellement une théorie, explicitant les liens entre les réseaux de neurones biologiques d'une part et les processus mnésiques, attentionnels et ceux responsables de l'émergence de la conscience d'autre part. Les travaux que nous avons développé avec B. Alescio-Lautier (Touzet 2006b et Alescio-Lautier 2006) autour d'un programme d'entraînement cognitif permettant d'améliorer l'autonomie cognitive des personnes âgées est une bonne illustration des attendus possibles de ce type de modélisation.
Ce projet est ambitieux, mais s'appuie pour partie sur des résultats de recherche que j'ai déjà publiés. Par exemple, la publication (Touzet 2006a) explique comment un robot est capable de mettre en oeuvre instantanément un nouveau comportement adapté à la situation courante avec une performance non nulle. Je démontre aussi pourquoi les performances comportementales vont s'améliorer par la simple réalisation du dit comportement. Enfin, je conclue en proposant une organisation des cartes neuronales impliquées qui permet la synthèse automatique de comportements complexes, impliquant la mémoire à long terme et plusieurs modalités sensorielles et/ou actionneurs.
Il n'y a pas de différence fondamentales entre la synthèse automatique de comportements complexes en robotique et la mise en oeuvre de comportements motivés chez l'homme ou l'animal. L'accès à la mémoire à long terme, indispensable pour définir les « situation-buts » (que l'on pourrait qualifier de « motivations »), impose des contraintes, notamment sur l'accès séquentiel à la ressource, qui expliquent la raison d'être de certains processus attentionnels. Mes travaux autour de la modélisation biologiquement plausible de la chronométrie mentale (Touzet 2005) en tiennent compte.
La communication et le langage tiennent une place unique dans la cognition. Mes recherches, menées en collaboration, sur l'apprentissage de la lecture (Dufau 2006) m'ont permis de comprendre comment un réseau de neurones ad-hoc (mémoire associative ou carte auto-organisatrice) pouvait représenter et traiter dans la même étape des informations de nature symbolique. Le lien entre symbolique et sémantique est aisé dès lors que l'on comprend que l'activation neuronale associée à une forme symbolique est capable de re-générer - par association (au sein d'une mémoire associative) – l'activation neuronale associée à la représentation sémantique.
Enfin, le transfert des résultats de recherche vers la société civile a toujours été un élément important de mon activité de chercheur. Aujourd'hui, plus que jamais, je conserve cette attitude. Ainsi, je suis lauréat avec B. Alescio-Lautier du concours du Ministère de la Recherche 2005, catégorie « projet en émergence ». Ce projet destiné à améliorer l'autonomie cognitive des personnes âgées a d'autre part reçu le soutien de l'ANRT (Bourse CIFRE), et des structures de valorisation de l'Université.